samedi 8 septembre 2012

Jalleu, Aout 2012, une autre porte fermée...

Deux comptes rendus cette fois, d'abord celui de Michel et ensuite celui de Vincent :

En compagnie de Minivince, qui commence à prendre goût au laminoir "Jalleusien", nous cherchons à déterminer laquelle des trois branches terminales nous livrera la clé de la suite.  Depuis Pâques nous savons déjà que le lac terminal au bout de l'ex-S6 (à 1057 m de l'entrée) est sans issue pénétrable.

Conséquemment l'ex-S6 est rebaptisé S6 bis, et nous utiliserons dorénavant la dénomination de S6 pour les laminoirs de l'amont, en espérant qu'ils nous mèneront bientôt aux S7, 8, 9, etc.  Le long WE du 15 août nous a permis de commencer à vérifier cela. 

En quelques plongées nous rééquipons le puits et le laminoir et nous acheminons les deux relais 20 l aux points stratégiques.  Nous en profitons également pour modifier le parcours du fil dans la première salle après le laminoir.  Dorénavant il est possible de survoler "la dune" sans trop touiller et le parcours plus rectiligne minimise les risques d'accident de scooter.

La pointe proprement dite se déroule sans anicroches, parvenu à la bifurcation dans le S6 entre branche E et branche O (1169 m de l'entrée) il me faut faire un choix.  Malgré son aspect plus rébarbatif je choisis la branche E, histoire de rester conséquent avec le plan initial qui prévoyait de tester les trois branches une à une en commençant par la droite.  Au bout des 50 m déjà parcourus par Nico, le laminoir se prolonge sensiblement pareil, ça remonte légèrement, rien de trop étroit mais c'est intime quand même...  45 m plus loin cela s'élargit en une sorte de petite salle dont les seules issues sont des interstices entre blocs dans le plafond.  Profondeur à peine -4, mais ça ne passe plus !  Arrêt à 1164 m de l'entrée et retour sans soucis.

Tous les espoirs se reportent maintenant sur la branche Ouest du S6, dernière chance de prolongation de la cavité, à revoir dans un proche avenir...

Michel


Notre retour à Jalleu de ce été, nous voit fermer une deuxième possibilité de suite. La pointe de Michel effectuée dans la branche du milieu (cfr. la dernière topo
publiée) se révèle infructueuse... 45m de première, et arrêt sur trémie.

Le samedi 12 je rejoins Michel, arrivé la veille après un petit séjour spéléo-plongistique dans les Pyrénées, je consacre une première plongée à la dépose de son Apollo derrière le laminoir qu'il a déjà équipé. Je poursuis un peu plus loin,  petite ballade jusqu'au premier point bas (-36m) et demi-tour.

Vu l'heure tardive à laquelle je sors, on ne traîne pas et on rentre rapidement au camping pour installer ma tente et profiter du bon petit coup de rouge offert par Michel.

Le lendemain, il prévoit de déposer deux relais de 20 litres: un derrière le laminoir et un à la fin du S1...
Distrait, il ne partira qu'avec une des deux bouteilles et fera surface sans Apollo: sur le retour, au moment de récupérer le scooter, il remarque que le fil est lâche et que son destrier a disparu. Il en est quitte pour un retour à la palme, et une plongée "search and rescue" pour finir la journée.

Pour ma part, j'effectue la dépose du relais restant, et le débobinage complet et non intentionnel d'un devidoir, du bas du laminoir jusqu'au palier à -3m... On enchaîne les âneries aujourd'hui! 

Lundi, jour de pointe!
Avant la plongée de Michel, je m'immerge pour tenter de sortir le S1. Je pars donc avec un bi-12 d'air et deux relais S80 de Nx30 (le tout en sidemount, of course!),
J'installe la 7L oxy (merci Dany!) pour la déco.

Je dépose une première S80 vers 150m, la deuxième vers 300m et... j'arrive juste trop court: arrêt à -6m, juste avant de sortir la tête, pour cause de paliers et de tiers atteints. Je fais donc demi-tour et ressors après 1h46 de plongée.
.
Une petite erreur de paramétrage sur mon Vytec m'empêchant de le mettre sur oxy à -6m, il fera ses paliers tout seul attaché sur la ligne.

Place ensuite à Michel et la pointe... Il s'immerge pour 3h de plongée, avec son bi-12 gonflé à 300bars, une 18L et les deux relais 20L déjà en place.

Je repars ensuite pour récupèrer la corde et les moustifs (pas oubliés cette fois-ci!). La pose d'un nouveau fil entre le bas du

laminoir et le début de la "Galerie de la Première Première" est également au programme, histoire de contourner plus ou moins la dune d'argile.

Je consacre le palier à -3 à hisser la corde .
Après avoir remballé l'ensemble du matériel, Michel ouvre enfin son Jurançon, bien frais après deux jours passés dans la vasque.
La soirée nous voit errer dans Champlitte, à la recherche d'une table à laquelle nous pourrions dignement arroser la fin de ce court séjour, mais...les deux auberges "correctes" du coin étant fermées, nous rentrons un peu dépités au camping pour cuisiner une boite de ravioli...

Vincent

Trou du Babouin

Compte rendu de Mengo :

Nous revoici donc, Henri, Nico et moi, une nouvelle fois à la Source du Babouin, bien décidés à percer les mystères de l’endroit.
Objectif du jour : trouver la galerie du premier niveau d’exploitation qui mène à la descenderie principale de cette ancienne ardoisière.
On s’équipe dans le club-house local, et Nico part en premier  avec pour objectif de reconnaitre le puits de descente expérimenté par Henri 6 jours plus tôt. Les 3 premiers mètres font apparaitre une plateforme et ensuite un puits rectangulaire dans le pendage, avec des moellons empilés en escalier au-dessus de la tête.
La galerie empruntée par Henri à 17m s’avère relativement craignos, Nico ne s’y engage pas et continue à descendre jusqu’à -33m. L’eau, très chargée de ces particules floconneuses orange dans les 12 premiers mètres s’éclaircit sous ce niveau pour donner environ 7-8m de visibilité.
En surface, les bulles de Nico ravinent les parois de roche et donnent à l’eau un aspect de blizzard orange qui se repend dans toute la zone de mise à l’eau.
Le gros tuyau d’exhaure que Nico suivait s’arrête vers 30m sur un raccord ouvert, pas sur une crépine, laissant penser à qqch de plus profond.

Henri se met à l’eau pour récupérer son dévidoir abandonné lundi, je me mets à l’eau ensuite.
Mon objectif était de suivre un tuyau plus ancien qui devrait être une alimentation en air comprimé. Des tuyaux de même format sont présents dans la descenderie également.
Je me mets à la soupe une visi de 30cm et j’arrive à 7m sur une espèce de trottoir bordé d’un côté par un muret et de l’autre la roche. Je prends un cap plein est et j’arrive sur un porche qui laisse présager d’une galerie de circulation du premier niveau d’exploitation.
Sur le sol, une couche ouateuse de 40cm de particules oranges qui se désagrège et annule la visi dès que la remue.
La galerie doit faire environ 1m50 de haut sur 2m de large, je déroule environ 35m de fil avant d’arriver sur un petit éboulement. Etant dans l’impossibilité de juger de l’état de la roche donc de la stabilité de la voute à cause de la visi, je fais demi-tour.
Il m’est impossible de dire si j’ai traversé ou non d’autres salles : la roche à gauche était continue, et je ne voyais pas la paroi de droite.
Demi-tour et retour vers la grande salle en rebobinant mon fil.

La galerie se prolonge sur la droite par un porche triangulaire. J’avance et y déroule environ 20m de fil. Je suis le premier à y aller, la visi y est meilleure, 2m environ. Sur la gauche, je vois une arrête de mur, avec la paroi qui s’ouvre. Il s’agit d’une salle. Je descends dedans. La visi s’ouvre d’un seul coup vers 12m pour donner au minimum 5m. Je vois le fond de la salle, qui est la salle d’exploitation terminale de ce premier niveau. En remontant, je peux voir la limite « eau claire » et « eau laiteuse ». Nico nous dira ensuite que la température des deux masses est également différente. Pollution du ruisseau dans la couche supérieure.
En conclusion, il nous faudrait trouver un accès vers le second niveau à partir de la galerie partiellement explorée, ou via le puits d’exhaure. Ou via la descenderie principale qui se trouve à l’extrémité, mais est effondrée au niveau de l’eau.
Cette explo laisse un goût de trop peu, avec beaucoup de déception par rapport aux espoirs que l’on y fondait. Beaucoup de points d’interrogation également. Elle aura au moins permis d’enlever tout effet de surprise des prochaines explos de l’endroit : la visi y est apocalyptique, et il faut trouver au plus vite un accès vers le bas. Il faudrait aussi explorer cette galerie à 7m en première plongée avec une visi pas encore détériorée, estimer l'état de la voute, voir s’il est possible de continuer ?
Bref, on s’était dit que l’explo y était foutue, mais qu’il fallait que l’on dorme dessus. Et déjà, on se surprend à parler de la suite, les cerveaux chauffés à blancs, essayant de trouver des réponses à ces interrogations. Et cela en vaut la peine : la visi est bonne passé 12m, et l’exploitation doit avoisiner une profondeur de 60m environ…

Mengo