jeudi 15 mars 2012

L'Isbelle, un coup dans l'eau...

Au printemps 2011, nous avions un peu avancé à la Grotte de l'Isbelle.
Le franchissement du siphon aval (voire ici) m'avait donné bon espoir et aussi relancé la motivation des troupes du Spéléo Club de Belgique désespérants de trouver une suite...

Photo : André - SCB

Deux semaines plus tard, nous y retournions, pleins d'espoirs, mais les basses eaux à ce période me firent perdre le courant, une descente à -20 dans le prolongement de la diaclase ne me fit pas découvrir de suite évidente.
Quelques relevés de directions afin d'affiner mon croquis d'explo et je fis demi tour pour retrouver l'équipe un peu déçue par l'annonce d'une "queute" fort probable...
Une belle soirée autour d'un barbecue nous consola pour cette fois et nous motiva pour la suite.

Il fallait donc revoir avec un peu plus d'eau et tenter de retrouver le courant...
Rendez vous fut donc pris ce 3 Mars 2012 avec David, André, Charles et Soet du SCB, ainsi que Luc et Benoit du GRPS.
Il y a beaucoup plus d'eau que l'année passée, 9 mois déjà mais je retrouve mes marques sans problème, un coup d’œil rapide à la jonction du fil avant les étroitures et je suis rassuré. 
Ce passage s'est élargi, à force... Une fois derrière, toujours pas de courant réellement perceptible. Un talus de sédiments à la sortie des étroitures me fait penser que c'est bel et bien vers le bas que se trouve la suite.

Malheureusement, la fouille fut rapide, aucun départ évident dans le prolongement de la diaclase, et c'est toujours bien vers le fond je m'enfonce.
J’atteins cette fois -25m, le bout de mes palmes semble rencontrer le fond, pas sur, mais ça devient vraiment fort étroit, la visibilité est nulle et l'autonomie en air ingérable, cela devient dangereux, j'abandonne...

Je pense que l'eau part dans le prolongement de cette diaclase sur une hauteur assez importante et que c'est pour ça que je ne ressent pas le courant.
Charles m'a appris que la différence de niveau entre ces siphons et la Fontaine de Thot était de l'ordre de 2 mètres. Hors, plus de 1000 mètres séparent encore ces 2 points... 
Une étude hydrogéologique récente et une série de traçage ayant mis en évidence la possibilité d'une zone de "rétention" entre eux me font aussi penser que nous avons atteint le niveau phréatique et qu'il y a peu d'espoir de découvrir une suite par ces siphons...


Cependant, en terminant ce croquis d’explo, le doute s'installe et m’incite à la réflexion...
En effet, après avoir franchis les étroitures entre -6 et -8, on arrive dans une zone assez large, je me demande si je ne devrais pas refouiller cet endroit une dernière fois...