vendredi 18 novembre 2011

Jalleu et ça repart!

Encore une fois, les aléas des agendas et de la météo nous ont empêché de retourner plutôt à Jalleu.
C'est donc seulement en ce début d'hiver que nous avons pu y aller.
Cette fois, Roger C et Didier H nous accompagnent pour nous filer un coup de main.
Cette virée, on en a bien discuté avec Michel. Il y a de la topo à faire, une pointe aussi, ce serait mieux à deux.
J'appréhende beaucoup, j'ai peur de retourner là au bout mais on y va!


comité d'acceuil

11 novembre :

Nous nous retrouvons tous les quatre au bord de la vasque en compagnie d'un petit troupeau de vaches bien sympathiques et des "inconvénients" qui les accompagnent.
Nous nous mettons promptement au travail pour sortir et préparer le matériel tout en ne manquant pas de nous en mettre "plein les bottes" de ces "inconvénients". On s'en fout, ça nous portera chance pour la suite !

Roger ne souhaite pas plonger mais nous aide très efficacement en surface.
Didier plonge en premier pour équiper l'entrée et désober un laminoir qui n'a, visiblement, pas dû recevoir de visite récente. La corde s'avère trop courte de quelques mètres.
Je le suis dans la foulée pour déposer une B20 et un scoot au delà de ce laminoir en prévision du portage du lendemain.
J'en profite pour peaufiner la désob et découvre un "bout de ferraille" intéressant...
Cette plongée ne m'a pas mis à l'aise, je trouve que ça touille trop et émets des craintes pour la suite des opérations...
Mais Michel ne le vois pas ainsi et me répondra par un "la visi, je la trouve très correcte"... Bon d'accord, c'était sûrement mes lampes qui déconnaient alors.
Michel se contentera de prolonger la corde et de se promener un peu.
La journée se terminera tard et nous rejoindrons le gîte par la porte de secours suite à un petit "écart" dans notre organisation infaillible...



séance gonflage au gîte

12 novembre :
Après un copieux petit déjeûner et une longue séance de gonflage de bouteilles, on se met en route.
Michel part avec une B20 et l'Apollo vers le S4, l'idée étant de vérifier son autonomie en gaz jusque là pour limiter les portages. Il en profite pour rééquiper le passage entre S1 et S3 sur le fond pour gagner du temps.
Didier et Roger s'entraident pour les portages de quelques B20 au delà du laminoir , tandis que je file en déposer une à 300 mètres avec le scoot.
Après avoir franchi les difficultés du S1, me retrouvant un peu narcosé au point bas à -40 , je commence à me sentir bien, il en sera ainsi pour la suite du séjour.

Au retour, je croise Michel dans le laminoir, il se demande se que je fout là avec mon scoot qui me pousse vers le bas, plein gaz, encore une fois la gachette cassée...
Un bon bricolage au coin du feu s'imposera pour le lendemain.

Didier au départ d'un portage

13 novembre :
Et nous voici dimanche, jour de pointe, et c'est à plus de 1000 mètres de l'entrée que la Messe sera dite aujourd'hui!
Le moral est bon, l'esprit de l'équipe y est pour beaucoup!

Pendant la pointe, Roger compte se tester au "side mount", bien équipé d'un harnais mexicain à la "Santi" et de 2 S80, cette plongée va le convaincre! Maintenant il faut s'entraîner.
Toujours durant cette pointe, Didier file pour jeter un coup d'oeil en humide dans un truc étroit un peu plus au Nord, ça semble bien parti aussi de ce coté!

Michel a pour objectifs de terminer la topo du S4 et explorer la branche exondée post S5 qu'il a aperçue lors de l'été 2010. Il ne prévoit pas de
gaz pour une pointe, j'ai comme l'impression qu'il veut un peu me "botter le cul".
Pour ma part, ce sera la topo du S5 et du bout de rivière qui s'ensuit pour ensuite faire une petite pointe dans le S6 s'il me reste du gaz dans les
bouteilles, ce que j'ai prévu.

C'est la première fois que je franchis le S4 et je prend le temps de me régaler de l'ambiance de la rivière du Beau Rire avant de torcher la topo du S5 et de la rivière avant le S6. Ce bout de rivière vaut le coup d'oeil, je m'y sens chez moi!

Ce siphon, que nous rebaptiserons S6 bis, commence par un puits allongé et pas très large surmonté d'une cloche.
A -11 mètres s'ouvre un beau laminoir vers la droite, celui-ci n'est pas très haut et la suite ne s'arrange pas.
L'absence totale de sédiments, la roche très blanche sans oxydation et son caractère particulièrement abrasif font "tache" par rapport à ce que nous connaissons, cela deviendrait-il phréatique de ce coté?

40 mètres plus loin il y a une bifurcation, active elle aussi. Je continue et le laminoir se referme, pas plus de 20 centimètres de haut, mais l'eau y a creusé un chenal zigzaguant et pénétrable sans pour autant être confortable.
J'y déroule 100 mètres de fil, le dévidoir est vide, demi-tour en faisant la topo. Je rebobine ce fil pour jeter un coup d'oeil à la bifurcation pour m'arrêter 50 mètres plus loin, ça a la même gueule que l'autre côté. Les relevés topo révéleront que ces deux branches sont finalement parallèles.

A peine sorti de ce traquenard, je retrouve Michel qui vient d'arriver. Je n'ai pas même le temps de me déséquiper pendant qu'il entame l'explo de
l'exondé pour l'entendre crier "ça siphonne, reste équipé si t'as encore de quoi plonger..."
Mes réserves d'air son entamées, je suis aux tiers, mais j'ai consommé beaucoup pendant la topo du S5, j'y vais ! Explication de la règle des tiers à voire ICI, merci Oli ;-) 
(exemple à ne pas suivre)
Cette partie est glaiseuse comme le connu, le siphon à le même aspect et sort au bout de 23 mètres sans dépasser -2.
Après une quinzaine de mètres de rivière au plafond très bas, je découvre une belle salle avec une grande vasque limpide.
Le tour de cette vasque est vite fait, rien! J'ai dû louper un truc évident caché par l'une ou l'autre voûte mouillante ou l'une ou l'autre lame rocheuse.   


débriefing et encodage de la topo

TPST : +-4h dont 2h40 en siphon

Au retour, Michel sort ses bouteilles et son scooter, je sortirai mes B20 le lendemain lors d'une rapide plongée de déséquipement.

Pour conclure :
Le développement de Jalleu dépasse maintenant les 1200 mètres dont un peu plus de 1000 en zone noyée.
Du coté des prochains objectifs, nous sommes arrivés à un endroit ou notre chère rivière se sépare. Un S6 toujours aussi glaiseux et mystérieux et un S6bis à l’aspect jeune et agressif totalement absent de sédiment et présentant 2 branches actives...
De quoi convaincre un "vieux briscard et un jeune loup" à préparer dès à présent la prochaine virée en Haute-Saône !
Je pense que cette explo nous ressemble bien!
Rééquiper la première partie du S1 serait aussi nécessaire pour naviguer confortablement avec les scoot sans s'encastrer dès le premier plafond...

Une très chouette expé !

Nous comptons remettre ça dès que les conditions hydro le permettront au printemps 2012, avis aux amateurs pour l'aide en surface et sous l'eau.


 Roger Mirabelle :-)

dimanche 6 novembre 2011

Les copains du Fonds de Lustin

En ce samedi après midi, nous avons décidé avec Didier de revoir quelques objectifs chers aux "anciens".
Et c'est donc, sur les conseils des "Tontons", qu'il s'agissait de repérer la résurgence de Tailfer, établir un contact avec les habitants du coin pour y avoir accès et puis ensuite de filer vers la résurgence de Chauvaux pour y faire une reconnaissance en plongée.

Nous savons que cette résurgence se situe derrière une propiété privée.
L'approche de Tailfer se fait au GPS, puisque nous n'avons que les coordonnées de l'AKWA et n'avons pas l'intention de sonner à toutes les portes de la rue...
A peine arrivé, nous remarquons un couple qui travaille dans un jardin, le visage barbu de l'homme nous semble étrangement familier.
C'est Geoffrey et sa compagne, des potes de la salle d'escalade! 
Et la résurgence est juste derrière chez eux!

L'ambiance est décontract, on explique notre présence et Didier n'hésite d'ailleurs pas à se plaindre de l'absence de vestiaires chauffés et de douches au bord de notre piscine du jour.

Hop, on y va. Un crapahut zigzaguant sur quelques 70 mètres dans un conduit artificiel, ancien, parfois douteux et ébouleux, ponctué de deux puits condamnés , nous mène dans le  karst et à une belle vasque d'eau limpide.

Comme nous le savions, ce sont de gros cailloux qui nous attendent vers -2 et nous en dégageons quelques uns.
Chacun notre tour, nous travaillerons 30 minutes sous l'eau, sans résultat vraiment significatif mais en voyant ,à chaque bloc retiré, un peu plus d'espace et une eau toujours aussi claire, nous sommes motivés.
Cette eau vient elle de droite? Vient elle du bas?
Nous ne parvenons pas à nous mettre d'accord, l'endroit est confus, nous avons froid, on ressort après +-2h sous terre.

Il y a encore trop de blocs dans le chemin et nous devrons envisager une désob un peu plus sérieuse. Au vu du débit de cette résurgence en étiage, le jeu en vaut la chandelle!

A peine sorti et le matos rangé, nos hôtes nous ont ouvert leur bar, merci les gars ;-)

La prochaine fois, on va à Chauvaux, promis! 

une eau limpide et une rivière bien propre!