dimanche 3 janvier 2010

Chantoir de Beron-Ry

Exploration du Siphon Salamandre
3 janvier 2010

Equipiers : Vincent Detraux, Simon Muyle et Guillaume (GSESM), Jean-Claude London.   TPST 5h30

Plongée réalisée lors d'une grosse sortie d'exploration organisée par le club Continent7/CASA  (voir  : Attaque en règle à Béron Ry)
Le Siphon Salamandre est le regard le plus en amont sur la rivière coulant au fond de cette grotte.
Aucune plongée n'y a jamais été tentée car il ne s'agit pas d'un objectif majeur au niveau de l'exploration de la cavité. C'est l'occasion pour moi de lever un point d'interrogation supplémentaire.

L'accès au Siphon Salamandre n'est pas des plus aisé. La descente commence par un petit ressaut qui atterri dans une petite salle en pente dont le sol est constitué de galets de très petites dimensions.
Une série de 3 ressauts plus important y fait suite, Simon les équipe sur les spits que Jack et Bando ont installé fin 2009

Cette descente sur corde nous amène sur une pente glaiseuse et assez raide, pas de galets à cet endroit, rien que de la boue. C'est ici que je m'équiperais malgré l'inconfort. Quelques mètres plus bas, une étroiture entre roche en place et ébouli englué de glaise et autres sédiments mène au siphon.

Cette belle vasque d'eau turbide de 2 mètres sur 4 ne m'emballe pas trop... Quelques paquets de bulles tournent en surface, le niveau oscille de quelques centimètres et ça fait un bruit inquiétant...
La peur du plongeur fond de trou me gagne, mais elle me rassure également, elle m’aidera aussi.

Jack London nous rejoint à cet instant pour me rassurer sur ces observations.
Ces phénomène sont dû à l'arrivée du ruisseau en cascadelle sous une petite voûte mouillante. Yves Dubois m’a expliqué ce phénomène un jour, mes inquiétudes disparaissent.
Nous terminons d'acheminer les kits et je m'équipe.

La redescente dans l'étroiture avec les 4 litres aux cotés et les mains pleines nous amusera beaucoup, c'est moins facile... Simon me débarrasse les bras et je glisse soudain jusqu'en bas de la pente, direct dans la vasque, comme ça c’est fait.

Une fois mon fil d'Ariane solidement amarré à un bloc, je me laisse couler. Un petit coup d'oeil sur l'amont me plonge dans une émulsion de bulles, l'origine des remous, pas moyen d’avancer plus loin.
Au fond de la vasque, à -2, je trouve un passage étroit entre un blocs et la paroi, ça ne passe pas.
Deuxième essai de l'autre coté du bloc, c'est toujours aussi étroit, mais ça continue.
Je prends rapidement de la profondeur entre deux parois verticales distante de 40cm. Ca racle de partout et les cupules bien aiguisées s'accrochent à ma sur combi.

Vers -4, le plafond s'abaisse et la galerie s'élargi pour devenir un laminoir. Je fouille à droite et à gauche le fond de celui-ci mais impossible de passer... Je suis pourtant bien dans le courant, les particules défilent devant mon masque et l'eau s'éclairci. Ce laminoir doit faire 2 mètres de large, son fond est constitué d'un lit de très petits galets. Le plafond ne me parait pas bien haut, ça queute...

Je remonte rejoindre mes compagnons, un coup d'oeil sur l'ordi m'indique une température d'eau de 5°C, qui a coupé le chauffage??

Petit débriefing devant la caméra de Jack (vidéo), et devant la déception de mes compagnons, je décide d'y retourner mais sans palmes cette fois.
Je refouille de fond en comble ce siphon, c'est bien le trajet que l'eau suit mais même mes bottes ne passent pas. J'ai beau m'acharner, ce n'est pas par ici que nous trouverons le Rubicon. Affaire classée.

Après 24 minutes de plongée, le Siphon Salamandre accuse un développement de 8 mètres pour une profondeur de 5. Suite humainement impénétrable.

On remballe promptement, nous sommes tous frigorifié, je n'ai même pas le temps d'alléger le premier kit que déjà Vincent l'attrape et file vers la surface.
Nous sortirons plus de 2 heures avant l'équipe de désobstruction.
Juste le temps nécessaire pour passer se réchauffer et se désaltérer au local du C7.

Merci à mes compagnons qui, encore une fois, ont fait preuve d'une grande efficacité.