mercredi 18 août 2010

Source du Planey

Le 25 juillet, revenant de Jalleu, nous souhaitons nous offrir une petite détente avant de rentrer en Belgique, le Planey fait l'unanimité.

Cet endroit mystérieux et en pleine nature vaut vraiment le détour, c'est très joli et bucolique à souhait.
Encore plus intéressant pour nous s'il se termine pas un éboulis intimidant..., un truc à "apprivoiser"???
Ne faudrait-il pas revoir le fond? Cette idée nous trotte dans la tète depuis un moment...

Corona et moi laissons filer Michel vers la pointe, nous voulons profiter de la découverte de cette grotte, de la balade et du repos qu'elle nous procure.

Le mystère est omniprésent, les puits aperçus sur le fond, c'est sur la topo? Où mènent-ils?
Et tous ces poissons? Un brochet m'attaque à plus de 100 mètres de l'entrée, ou plutôt il s'en prend aux lampes de mon casque, il a du se faire mal aux dents...
En arrivant au bout, je suis tenté de descendre jeter un coup d'oeil mais un nuage de touille suivi de bulles remonte du fond, Michel rebrousse chemin et j'en fais autant.

Michel est aussi ravi que nous de sa plongée :
"Je ne m'y attendais pas, un fil était déjà en place... Probablement celui de Lebel en 1999... Je n'ai pas trop cherché sur ce terminus boueux, demi-tour... Je me retourne et..., on dirait qu'il y a un truc à gauche, allons voir...
Pas sûr, mais je pense avoir trouvé une autre galerie, j'ai déroulé une cinquantaine de mètres de fil et mon profondimètre affiche -36, faut confirmer..."


Une Vouivre, non... Michel

Le 9 août, nous y revoici :
Aussitôt le camp de base installé au gîte de Dampierre, nous rejoignons la source.

Michel part le premier pour installer le fil d'Ariane en fixe et avance de 50 mètres par rapport à la sortie de la trémie, la suite ne paraît pas évidente. Je le suis pour vérifier une hypothétique possibilité de shunter cette trémie pas si instable mais casse-pieds... Chose faite, le shunt s'avère tout aussi casse-pieds...

Le 10 août, à mon tour :
Michel me suggère d'y aller pour confirmer la découverte, faudra pas le demander 2 fois!
Je confirme mais ressors plein de questions...

Je profite du surplus d'éclairage que j'ai emporté pour confirmer qu'il n'y a pas d'autre départ au sein de et après cet éboulis chiant.
Le vieux fil est mon premier objectif, j'en arrive à le déterrer de sa gangue de glaise sans qu'aucune particule soulevée ne bouge. Pas la peine de pousser plus avant, c'est pas par là.

Le chemin tracé par le fil de Michel est une galerie confortable, une conduite forcée de 5 mètres de large pour 2 de haut.

La ligne de vie s'arrête au pied d'une autre trémie constituée de grandes dalles tombées du plafond.
Un coup d'oeil à droite me montre une suite pas trop évidente.
Entre cette nouvelle trémie et la roche en place, une galerie plus intime me mène 25m plus loin.
Là, je suis obligé de remonter pour tenter de trouver un passage entre les blocs.
Une étroiture pas trop étroite mais intimidante quand même me pousse à faire demi-tour pour demander conseil à mon compagnon.

Celui-ci plongera ensuite pour lever la topographie et me réconforter quant à mes craintes pour ce nouvel obstacle.
Il ne tentera pas de le franchir, demi-tour pour cause de remplissage progressif de sa combi supposée étanche...

Le 11août, fin de ballade :
Michel ne peut plus plonger, faute de combi étanche plus étanche du tout...

La suite, on en a causé, on a planifié, organisé, examiné, et longuement planché sur la topo et les nouvelles données... On est reparti vers le Sud-Est, l'axe principal, et nous sommes repassés sous la première trémie qui avait marqué les explos précédentes.

J'y retourne donc et franchis l'étroiture aperçue la veille sans souci.
La suite devrait être à droite mais je bute directement sur une dune de sédiments, il y a un trou noir au delà.
Je m'y précipite donc en me vautrant copieusement dans cette dune. Pas de chance, 5 mètres plus loin ça queute et je ne sens plus le courant...
La touille ne tarde pas à me rejoindre, demi-tour en visi 0, c'est fini pour aujourd'hui...
En repassant l'étroiture, j'aperçois sous une dalle un trou profond où la lumière de ma lampe se perd dans une eau bleutée. Le passage semble bien étroit, serait-ce la suite?

Nous verrons ça la prochaine fois!
Rendez-vous est fixé début novembre.



Pour information!

Gendarmerie de Vauvillers : 00 33 (0)3 84 92 80 17
 

samedi 7 août 2010

Le Chalet et un sixième siphon...

Janvier 2009
L'accident de mon ami Albert a forcément freiné les explos... Fin de l'année, l'interdiction de plongée est temporairement levée et nous y retournons pour terminer les relevés topographiques.

Beaucoup de choses bougent autour de ce réseau, les recherches de surface occupent beaucoup Continent7, l'idée d'utiliser des moyens de radio-localisation est émise, cette topographie est importante.

Toujours fort marqué par l'accident, j'appréhende beaucoup. Les bouteilles sont en place et Michel y va.
Malheureusement une défaillance technique sur un matériel topo pas vraiment conçu pour supporter l'eau et la boue empêche Michel de mener à bien sa mission post S5.

Toujours déterminé, j'y retourne la semaine suivante avec du matos topo et photo conditionné de manière étanche. Tout se passe bien jusqu'au moment du retour.

Lors de ma remise à l'eau dans le S5, une légère entrée d'eau se fait ressentir au niveau de l'épaule gauche, probablement un petit trou dans ma combinaison étanche.
L'étroiture au point bas du siphon me fait comprendre ma douleur, la tirette s'ouvre complètement, encore un souci de matos...
Soudainement privé de tout moyen de flottabilité et de toute isolation thermique, je suis persuadé que je vais y rester...
Je suis toujours en vie, je veux sortir et ramener le boulot. A aucun moment, je n'envisagerais de larguer mon précieux kit contenant photos et notes topos. Pas plus que je ne songerais à larguer ma ceinture de plombs d'ailleurs.

Je ne me souviens plus trop de ce retour en passant ces 5 siphons, je me souviens juste que la combi remplie d'eau en post-siphon était particulièrement chiante. En repassant les siphons, j'actionnais régulièrement l'inflateur de ma combi, ça me rassurait.
Et puis je me souviens de la tête des copains à la sortie, j'avais 2 heures de retard et j'avais froid...
S'ensuivirent quelques mois de "palmes au crochet", ce qui me fit le plus grand bien.

Janvier 2010
Alors que nous bossons beaucoup en surface, Michel se décide et torche cette topo, sans mon aide.
J'ai repris un peu la plongée mais je préfère m'occuper ailleurs...

Il est d'ores et déjà question d'y retourner, ce S6 est trop tentant.
Je suis fort mitigé, mais bien décidé à apporter mon aide à Michel pour y retourner.   T.P.P.S. : 10 heures au Chalet
 
Août 2010
Finalement, nous décidons d'y consacrer quelques jours début août.
L'objectif est le S6.

Le temps a passé et je me rends compte au fur et à mesure des portages que je suis de nouveau en paix avec cette grotte.
Finalement, c'est à deux que nous franchirons le S5.

Début des festivités le dimanche 01/08.
Les portages sont particulièrement intensifs pendant 2 jours. 2 bi6 et un bi4 à déposer devant le S3, on en bave.

Mercredi 04/08, c'est le jour de la pointe et nous limiterons les portages au minimum aujourd'hui.

Je franchis le S5 sans difficulté et au passage je retrouve le kit perdu la dernière fois.
Je me sens bien là bas, quel bonheur d'y retourner!
Dès l'arrivée de Michel, le bi4 et le matériel sont conditionnés promptement en 2 kits.
A partir d'ici, c'est de la balade jusqu'au S6.

La mise à l'eau n'est pas évidente mais m'amuse beaucoup puisque ce n'est pas moi qui m'y colle.
Michel ne partira pas très longtemps. 10 ou 15 minutes peut-être, c'est pas bon signe...
Le point bas du S6, à -8, ressemble à une petite salle, probablement un volume de décantation.
Vers -5, dans le prolongement de la fracture qui remonte jusqu'au plafond de la galerie, il découvre la provenance de l'eau. La touille est chassée derrière lui, et au-delà cela semble fort clair et il n'aperçoit pas de parois.
Malheureusement, ce passage fait 30cm de large et se prolonge sur 1,5m vers le fond et se pince...
Nous en discutons pendant qu'il se déséquipe; il a l'impression que cette étroiture est constituée de lames de roche et que nous pourrions peut-être en venir à bout avec un bon marteau.
Il lui reste suffisamment d'air pour que je puisse y aller à mon tour, mais l'idée ne m'effleure qu'au retour devant le S3...

Nous trouvons qu'il serait intéressant d'y retourner avec un peu de matos de désob, mais ne l'envisageons pas dans l'immédiat. En 2011 peut-être...
Retour, chacun chargé d'une 4 litres supplémentaire pour nous avancer dans les portages. (tpst 7h30)

Le jeudi 05/08 est à nouveau consacré aux portages. Nous rapatrions les 4 bouteilles restantes au pied du S2 et en sortons 2 de la grotte. Nous sommes crevés, les 2 dernières bouteilles seront ramenées plus tard.

Bref, va falloir y retourner.

mercredi 4 août 2010

Jalleu : ça dépasse les bornes

L'été 2009 ne nous a pas épargné... Les crues furent au rendez-vous.
Le printemps 2010 ne fut pas terrible non plus comme en témoignent Frank et Mumu sur leur Blog
Sorties auxquelles je n'ai pas participé ayant "raccroché les palmes" quelques temps...

Juillet 2010 :
Cette fois, malgré une météo quelque peu capricieuse, c'est une source en étiage prononcé que nous retrouvons.

Corona découvre le trou

Le 21, la première plongée sera consacrée à l'installation de la corde de jonction. Un gros coup de ménage parmi les galets du laminoir s'avère nécessaire pour passer.
J'en profite pour me balader un peu, ça fait longtemps. La visibilité est extraordinaire et on ressent à peine le courant.
Michel plongera ensuite pour effectuer un premier portage d'une B20 au bout de la galerie de la "Première première".

Le 22, il pleut et ça ne semble pas vouloir s'arrêter...
Corona et Raf font leur première plongée à Jalleu et découvrent ce fameux laminoir qu'ils franchissent avec beaucoup de satisfaction.
Les portages continuent.

Le 23, enfin une éclaircie. La matinée est consacrée à la prospection de surface pour certains et à une petite plongée de Robert Lavoignat et de Joël.

Robert, 35 ans après les premières explos

L'après-midi c'est au tour de Michel, cette fois c'est la bonne et c'est l'esprit léger qu'il part au bout pour terminer les relevés topographiques et tenter de découvrir la suite dans un éventuel 5ème siphon.
L'esprit tellement léger que c'est au moment de commencer la topo qu'il se rend compte que la boussole est très certainement au bord de la vasque...

Zut! Bien obligé d'encore faire de la première dans ce cas...
Et grand bien lui pris d'oublier cette boussole puisqu'il découvre rapidement le passage au fond de l'eau au bout de la rivière du Beau Rire. 70 mètres plus loin sans descendre plus bas que -3, c'est le miroir, S5 franchi!
Une cinquantaine de mètres de rivière et la galerie se divise en deux bras.
Celui de droite semble partir en exondé tout en étant actif tandis ce que celui de gauche siphonne à nouveau.
Michel reconnaît rapidement ce S6 et rebrousse chemin pour nous annoncer la bonne nouvelle.
Le développement du Trou de Jalleu dépasse maintenant le kilomètre.
Encore une belle première!

Les portages retour sont effectués dans la foulée.

Le 24, nous changeons d'horizon, direction la Côte d'Or. Robert a pris les contacts nécessaires avec le très sympathique Maire de Villecomte afin de nous permettre de plonger le Creux Bleu résurgence du réseau de Francheville.
Raf et Corona bataillent longuement pour tenter de dégager l'étroiture d'entrée.         une petite vidéo 

la pelleteuse...

Michel tentera de la franchir mais le bi12 aux cotés n'est malheureusement pas déformable. Mon bi10, après s'être douloureusement enfoncé dans mes côtes flottantes et déformables, me permettra de forcer le passage sans toutefois aller plus loin que la trémie terminale, il faudra revenir plus léger...

Le 25, avant de reprendre la route, nous visitons rapidement une petite émergence que nous ne connaissions pas encore. Mais ça c'est une autre histoire...

Participants : Michel P., Robert L.t, Joël, Michel G., Raf VS. (photographies et vidéo), Nico