lundi 30 novembre 2009

Chantoir de Béron-Ry

Exploration des siphons du réseau de «l'O²Las»
21 Novembre 2009

Equipiers : Jean-Claude London, Pascal Verkenne, Christophe Bandorowicz, Grégory Ziant, Muriel Mathy et Frank Bartos        TPST : 9h

La descente se déroule rapidement malgré les kits forts encombrants lors des traversées de trémies.

Jack me suggère d’enfiler ma combi de plongée avant même de pénétrer dans le réseau de «l'O²Las». En effet, le passage ouvrant l’accès à celui-ci est un laminoir au sol de sédiments collants qui se termine par une flaque de boue infâme et putride d’une douzaine de mètre de long.

Dés ce passage, nous éprouvons tous quelques difficultés à respirer à cause du manque d’oxygène. Nous nous y attendions et avons apporté avec nous une petite bouteille d’oxygène en cas de nécessité.

La suite du réseau est fort confortable et les sédiments omniprésents sous formes de dunes ou apparaissent parfois quelques blocs. Un pertuis de quelques mètres dans cette onctuosité glaiseuse débouche sur la rivière, enfin, le ruisselet.

On pose les kits et Jack me mène au siphon amont pour avoir mon avis, cette plaque d’eau claire d’un mètre de diamètre me semble fort intéressante…

Mais c’est le siphon aval, le bout du bout du Béron-Ry qui nous intéresse. La vasque parait plus engageante qu’en amont. Un coup de Scurion dans cette eau limpide m’éclaire sur ce qui m’attend…

Je m’équipe tranquillement sous les coups de flash de Jack et dans le brouhaha de deux « Perruches Mam’dyennes » qui ont fait la route avec nous :-p
J’allume mes lampes, un petit signe et je pars les palmes en premier.
Le début du laminoir est confortable mais le plafond, couvert de cupules, s’abaisse très vite aux alentours des 40cm de haut. La largeur du conduit est de l’ordre de deux mètres.
La visi s’est complètement annulée, inutile d’espérer contrôler le profondimètre et les manomètres.
Les palmes me gênent terriblement et me ralentissent. J’ai la sensation de descendre beaucoup et l’impression de durée m’incite à remonter pour contrôler le niveau de mes bouteilles.
Surface après 5 minutes de plongée à -3 mètres, je ricane…

J’ôte mes palmes et repart. Le fond du siphon est vite atteint, il fait noir et les détendeurs sont durs... à la détente. Le plafond s’abaisse encore.
Près de 5 minutes passent dans cette boue liquide pour trouver le passage clef. Une fois cette étroiture franchie, je sens que ça remonte, les parois semblent plus verticales, je ne suis plus dans un laminoir. Fébrile et plein d’espoir, je m’attends à franchir le miroir. Malheureusement les parois et le plafond se rapprochent, ça queute… Demi tour.
En repassant l’étroiture au point bas, j’ai l’impression que je change de direction.
21 minutes, 22m de développement et 3,5m de profondeur.

Après le débriefing avec Yves Dubois, il semblerait que ce changement de direction et cette étroiture soit un passage d’inter strate vers une diaclase. Il est donc probable que la suite se trouve dans le prolongement de cette diaclase.

Puisqu’il me reste de l’air, nous décidons de jeter un œil au siphon amont.
Sans déséquiper les détendeurs, nous transportons délicatement les bouteilles jusque là.
Les porteurs ont froid, je ne trainerais donc pas.

Je pars de nouveau sans palmes et les pieds en premiers. Je n’y vois donc de nouveau rien, mais le siphon s’avère plus vaste et plus confortable, contrairement aux apparences. La descente s’effectue en pente douce puis, soudain, le sol disparait. Je me laisse couler prudemment, de nouveau une étroiture à franchir et ça redescend encore de 2m. C’est horizontal, le fond, et il ya a assez de place pour me retourner et retrouver l’eau claire. J’aperçois la suite qui remonte en inter strate, j’hésite, mais décide de faire demi-tour, inquiet pour mon autonomie.
Ce sera pour la prochaine fois avec des bouteilles bien gonflées.
7 minutes, 20m de développement, 6,1m de profondeur et arrêt sur rien.

Le matériel est enkitté rapidement, nous avons tous hâte de retrouver le plancher des vaches.
La remontée nous prendra tout de même 3h30.

Les croquis d’exploration sont intuitifs et extrêmement subjectifs vu la visibilité nulle lors de ces plongées.