lundi 28 juillet 2008

Trou de Jalleu : Juillet 2008

« Jalleu Anniversaire ! »

Après 3 jours de folies passés au Rupt du Puits (Meuse) en compagnie de Michel et de la fine équipe du GRPS, le Trou de Jalleu est au programme des explos pour les 3 jours suivants.

22/07/08
Comme à l’habitude, visite de courtoisie à la famille Voisin. Michel et moi nous rendons ensuite au trou pour y effectuer une plongée qui s’avèrera malheureusement infructueuse pour nous deux à cause de quelques ennuis matériels. Nous rejoignons ensuite le Gîte Chatenois pour reprendre quelques forces. Un endroit de prédilection pour le repos et la réflexion...



23/07/08
Je plonge environ 1h30, après avoir porté l’Apollo de Michel, fait quelques photos et examine les plafonds jusqu’au point 70 sur le fil. Ce sera cette fois une fort belle plongée.
Michel, part ensuite pour une immersion de 3h30, il déroule 30m de nouveau fil.
Ceci repousse la pointe à 380m sur notre fil. Michel arrive à la base de 2 puits : un à gauche, base à -23, 8m de pénétration dans la fracture. Un à droite qui queute à -24, la suite est impénétrable. En tout cas pas trouvée, l’absence de courant n’aide pas. C’est fini à Jalleu…J’y crois pas !!


24/07/08
Michel a réussi à me persuader d’aller en pointe malgré mes appréhensions.La nuit précédent sera agitée, j’ai déjà la plongée dans la tête, difficile d’évacuer le stress, je parviens néanmoins à me reposer quelques peu.
Aujourd’hui, Michel me donne un coup de main pour le portage de l’Apollo et quelques essais de photos ;-)Son bi12 300bars me sera très utile pour y parvenir, l’autonomie devient critique et j’emporte également 2 relais 7 litres prêtés par l’ESS.
Michel passe devant moi pour le portage et profiter un peu de l’eau claire.
Je le rejoins 15 minutes plus tard, enfourche la « bécane » et file plein gaz vers le bout.
Je tète sur mes détendeurs comme un fou, la tension est très haute, l’atmosphère aquatique est électrique, je cavale plein Nord sur ma monture, complètement siphonné.
Je dépasse l’étiquette des 430mètres, ooops, la topo ! 10 mètres en arrière et je m’y mets. Quelques visées plus tard, le fil d’Ariane se termine par une petite boucle, 380 mètres, -23, la fin du siphon… Pas possible, d’où vient l’eau ? Un ébouli ? Des fissures ?
Je pars dans le puits de gauche, 8m de fil déroulé et ça queute. Ce petit départ est une fracture perpendiculaire à la galerie principale. Retour au terminus et je prend soudain conscience de cette coulée d’argile large de 2 mètres et filant vers le haut en se rétrécissant.
A -7, une fracture verticale haute de 3m et large de 50cm maximum. Je racle un peu la glaise avec la main, la touille part derrière moi, j’y crois toujours pas, j’ai le courant face à moi !
Un an jour pour jour après ma « première première », ici même, près de 400 mètres en aval, je franchi ce passage à l’Egyptienne et quelques chose de brillant attire mon regard. Je me tourne sur le dos, un miroir, immense, quelques 6 mètres plus haut !
Je fais surface, une belle cloche de 4m de large et 6 ou 7 mètres de long, siphon franchi !
Une deuxième cloche de dimensions similaire lui succède, pas de départ au dessus de la surface, dommage.
Sous mes palmes, une galerie noyée de 2 m de large, le fond doit se situer vers -8, la suite. 50 mètres de fil déroulé, je suis à 500 mètres de l’entrée, je m’arrête là pour cette fois.
Le retour sera beaucoup plus cool, je me permèterai même quelques acrobaties avec le scooter autour du fil (et un atterrissage forcé dans une dune de glaise). 100 mètres avant le laminoir, je retrouve Michel qui m’attend, c’est avec bonheur et fierté que je prends le temps de sortir mon carnet topo pour lui écrire « 50m et surface ». Les paliers de décompressions ne prendront qu’une quarantaine de minutes grâce aux mélanges suroxygénés. Explo en cours.

Plongeurs : Pauwels M. et Hecq N.