dimanche 16 novembre 2008

Trou de Jalleu : Novembre 2008

Rapport d'exploration :

Du 8 au 11 Novembre, nous installerons le camp de base au gîte communal de Foncegrive.

Une belle petite équipe pour cette campagne : Daisy, la femme de Michel, Didier Havelange de la SSN, Jean-Luc Carron, Ch’ti explorateur solitaire de trous de chiottes et Robert Lavoignat, Dijonnais et l’un des premiers explorateurs de cette source.
Objectif : topo, pointe, vidéo, photo, apéro et bonne météo.

8/11/08
Je me colle à l'instalation de notre corde guide pour les paliers. Je ne plonge pas seul, mais avec un invité de choix. Robert Lavoignat, un des tout premiers explorateurs de ce trou, me suit caméra en main.


La traversée du laminoir n'est pas une mince affaire, le courant y est fort et la vibilité pas terrible.
Une fois la corde en place, je part me ballader jusqu'à 160m. Je me sent en confiance et suis très à l'aise, la campagne démarre bien.
En ressortant du laminoir, 20 minutes plus tard, je m'apperçoit que Robert est toujours là pour filmer la sortie. Il doit ètre transi de froid, le pauvre.


Nous remontons ensemble et après quelques minutes de décompression nous faisons surface pour laisser la place à Didier.


Ce dernier plongera un peu plus d'une demi heure. C'est sa première plongée dans ce trou et en plus il porte une B20 pour la pointe du lendemain. Il devra se battre avec le laminoir, mais le franchi néanmoins sans emcombre, il semble que ce trou lui plait.
Michel s'immerge à son tour pour aller déposer le scooter. Celui ci s'évertue à remonter chaque fois qu'on le pousse dans le laminoir, le jeu est amusant, mais le courant ne va pas nous aider ce week-end. Michel profite de la plongée pour flâner un peu et visiter le Puits Lebel qu'il ne connaissait pas.

9/11/2008
Nous retrouvons Jean-Luc Carron vers 10h à Champlitte. Il vient passer 2 jours avec nous pour nous donner un coup de main.

Michel part en pointe aujourd'hui. Il topographie la zone des cloches entre 380 et 430 et poursuit ensuite la pointe jusqu'à 480. Il dépose le dévidoir juste après une troisième grande cloche. Celle ci est séparée de la deuxième par un passage en laminoir à -15.
Pendant ce temps, Jean-Luc tente de franchir le laminoir avec une 10 litre pour le lendemain. Il doit renoncer, et déclarera que "c'est intime, sportif mais pas abominable".

Il se réimmerge neanmoins pour dérouler un fil mètré qui me permettera de lever la topographie de la zone d'entrée jusqu'au début de notre fil d'explo. Ayant, cette fois, franchi le laminoir avec beaucoup moins de difficulté, il en profite pour remonter le scooter de Michel qui nous a rejoint entre temps.

Didier part à son tour et dépose une 10 litre en bas du laminoir.Je le suis peu de temps après pour le levé topographique, je m'encombre de la deuxième B10 que je dépose en bas pour la pointe du lendemain.


10/11/08
Ce matin, nous devions rencontrer Mr Kornprobst, Maire du village et très intèrèssé par nos explorations. Mr Voisin nous apprendra qu’il est malheureusement venu de bonne heure et que nous n’étions pas encore là.


Didier devait plonger en premier afin de profiter d'une visibilité meilleure que les jours précédents. Quelques souci avec son recycleur nous ferons prendre du retard sur le planing et finalement Didier postpose sa plongée et décide de réparer tranquilement sa machine.

Michel m'a de nouveau prètté son Appollo et son bi12 300bars.Je décide d'emporter un relais 7 litre suplémentaire jusqu'à la récupération de mon bi10 de l'autre coté du laminoir, à -32.

Pendant que "j'affine" ma préparation (que je traine...), Michel s'immerge avec l'Appollo pour aller le déposer à coté du bi10. Je suis en pleine forme, je sent que je vais faire une chouette plongée.Moins de 10 minutes après, Michel refais surface. Le scooter est callé plein gaz au milieu du laminoir, le levier de commande c'est brisé contre un rocher.
Tant pis, je vais tenter la pointe à la palme, sinon faire une belle ballade car je doute que mon autonomie en gaz soit suffisante.

Mais une idée me vient en voyant Jeau-Luc revenir de sa camionette.
Il y repart aussitôt et me ramène son propre Apollo, en état de marche, chargé à bloc, et me le prète gracieusement.
Michel repart a nouveau avec le deuxième engin.
Je le croise 10 minutes plus tard dans le puits d'entrée, la visi est mauvaise, il ne m'apperçoit même pas.Récupération du scooter et des relais 10 litres, j'abandonne la 7 et je file vers le Nord-Est...

Ca pousse bien, il y a du courant et j'ai parfois l'impression de ne pas avancer.
De plus, mes lourdes charges me gènent vraiment, il faudra faire avec.
Je me déleste d'ailleurs déja d'un relais 10 litres juste avant le Puits du Vertige, et du deuxième au point 381, juste avant l'étroiture. J'ai du mal à reconnaitre l'endroit.
L'Apollo est abandonné dans la 1ère cloche, j'examine ces cloches mais aucun départ n'est visible.

Maintenant la topo de la pointe de Michel. Je me laisse couler dans un puits jusque -15, s'en suit un laminoir au fond de sable et gravier sur 2 ou 3 mètres et je remonte asser rapidement jusqu'à la surface de la 3ième cloche, longue de 10m. J'y retrouve le dévidoir, prèt pour la pointe.

Je me laisse couler de nouveau vers le fond de cette cloche et atteind rapidement un point bas à -12. La galerie remonte ensuite doucement entrecoupée de quelques lames d’érosion, elle semble zigzaguer, tantôt un ammarage à droite, tantôt à gauche. La visibilité est mauvaise et je n’apperçoit que rarement les parois, il n’est pas impossible qu’il y ait de nouveau d’autres cloches.
Arrivé sur un ébouli de gros blocs, le dévidoir « cale ». Et non, il est vide, les 100 mètres restant n’étaient pas asser.
Cet ébouli et la taille des blocs me laissent soupconner la présence d'une grande cloche au dessus de moi. Nous verrons ça la prochaine fois.

Le retour est laborieux, la visibilité n’aide pas a la navigation avec le scooter et les relais n’arrangent rien. Nous reviendrons au printemps.

Conclusion :
encore un très bon week-end d’explo, l'exellent esprit d'équipe qui nous a beaucoup aidé, 150 mètres de première, ce qui porte le développement de la cavité à 685 mètres.
Quant à Daisy, elle a préfèré faire du vélo sous la pluie... Fichu vélo... :-)

Plongeurs : Hecq N. et Pauwels M.
Plongeurs support : Lavoignat R. , Havelange D. et Carron JL.
Support : Daisy Pauwels

Document de travail. Topographie et explos en cours.

lundi 28 juillet 2008

Trou de Jalleu : Juillet 2008

« Jalleu Anniversaire ! »

Après 3 jours de folies passés au Rupt du Puits (Meuse) en compagnie de Michel et de la fine équipe du GRPS, le Trou de Jalleu est au programme des explos pour les 3 jours suivants.

22/07/08
Comme à l’habitude, visite de courtoisie à la famille Voisin. Michel et moi nous rendons ensuite au trou pour y effectuer une plongée qui s’avèrera malheureusement infructueuse pour nous deux à cause de quelques ennuis matériels. Nous rejoignons ensuite le Gîte Chatenois pour reprendre quelques forces. Un endroit de prédilection pour le repos et la réflexion...



23/07/08
Je plonge environ 1h30, après avoir porté l’Apollo de Michel, fait quelques photos et examine les plafonds jusqu’au point 70 sur le fil. Ce sera cette fois une fort belle plongée.
Michel, part ensuite pour une immersion de 3h30, il déroule 30m de nouveau fil.
Ceci repousse la pointe à 380m sur notre fil. Michel arrive à la base de 2 puits : un à gauche, base à -23, 8m de pénétration dans la fracture. Un à droite qui queute à -24, la suite est impénétrable. En tout cas pas trouvée, l’absence de courant n’aide pas. C’est fini à Jalleu…J’y crois pas !!


24/07/08
Michel a réussi à me persuader d’aller en pointe malgré mes appréhensions.La nuit précédent sera agitée, j’ai déjà la plongée dans la tête, difficile d’évacuer le stress, je parviens néanmoins à me reposer quelques peu.
Aujourd’hui, Michel me donne un coup de main pour le portage de l’Apollo et quelques essais de photos ;-)Son bi12 300bars me sera très utile pour y parvenir, l’autonomie devient critique et j’emporte également 2 relais 7 litres prêtés par l’ESS.
Michel passe devant moi pour le portage et profiter un peu de l’eau claire.
Je le rejoins 15 minutes plus tard, enfourche la « bécane » et file plein gaz vers le bout.
Je tète sur mes détendeurs comme un fou, la tension est très haute, l’atmosphère aquatique est électrique, je cavale plein Nord sur ma monture, complètement siphonné.
Je dépasse l’étiquette des 430mètres, ooops, la topo ! 10 mètres en arrière et je m’y mets. Quelques visées plus tard, le fil d’Ariane se termine par une petite boucle, 380 mètres, -23, la fin du siphon… Pas possible, d’où vient l’eau ? Un ébouli ? Des fissures ?
Je pars dans le puits de gauche, 8m de fil déroulé et ça queute. Ce petit départ est une fracture perpendiculaire à la galerie principale. Retour au terminus et je prend soudain conscience de cette coulée d’argile large de 2 mètres et filant vers le haut en se rétrécissant.
A -7, une fracture verticale haute de 3m et large de 50cm maximum. Je racle un peu la glaise avec la main, la touille part derrière moi, j’y crois toujours pas, j’ai le courant face à moi !
Un an jour pour jour après ma « première première », ici même, près de 400 mètres en aval, je franchi ce passage à l’Egyptienne et quelques chose de brillant attire mon regard. Je me tourne sur le dos, un miroir, immense, quelques 6 mètres plus haut !
Je fais surface, une belle cloche de 4m de large et 6 ou 7 mètres de long, siphon franchi !
Une deuxième cloche de dimensions similaire lui succède, pas de départ au dessus de la surface, dommage.
Sous mes palmes, une galerie noyée de 2 m de large, le fond doit se situer vers -8, la suite. 50 mètres de fil déroulé, je suis à 500 mètres de l’entrée, je m’arrête là pour cette fois.
Le retour sera beaucoup plus cool, je me permèterai même quelques acrobaties avec le scooter autour du fil (et un atterrissage forcé dans une dune de glaise). 100 mètres avant le laminoir, je retrouve Michel qui m’attend, c’est avec bonheur et fierté que je prends le temps de sortir mon carnet topo pour lui écrire « 50m et surface ». Les paliers de décompressions ne prendront qu’une quarantaine de minutes grâce aux mélanges suroxygénés. Explo en cours.

Plongeurs : Pauwels M. et Hecq N.

dimanche 25 mai 2008

Trou de Jalleu : Mai 2008

Rapport d'exploration

16/05/08
Je débarque à Champlitte fin d’après midi, après un passage au gîte de Dardenay ou j’ai déposé une partie de mon matériel.
Avant toute chose, je passe faire une petite visite de courtoisie à la famille Voisin. Le vieux fermier me mène jusqu’à la prairie pour m’indiquer où nous pouvons circuler sans risque d’embourber les camionnettes.
S'en suit une petite plongée du soir pour équiper la vasque, le puits d’entrée et le laminoir de la corde de déco. Françoise Minne et Jacques Petit me rejoignent au gite dans la soirée.

17/05/08
Vers 14h, je pars en pointe bi 10 aux cotés et récupère ma wing et le bi 12 que Jacques m’a gentiment déposé au-delà du laminoir après avoir installé un relais Nitrox et une 10 litres d’Oxy à -3. Je n’ai jamais décapelé/recappelé de ma vie et avec le harnais à l’anglaise en plus... J’aurais du m’entrainer avant, je ne suis pas bien fité.
J’arrive au bout, topo des 30m de la dernière pointe de Michel et je déroule 25m de fil avec un point bas à -40. Je ne suis pas cool, mon matériel me gène vraiment, je laisse le dévidoir pour Michel, et demi tour.
Remonté à -3, Jacques est toujours au palier, il plonge à l’air. Je sors de l’eau 15 minutes avant lui, très pratique le Nitrox. Michel est arrivé entre temps, il s’immerge peu après ma sortie avec un bi 12 300bars aux cotés, 20 litres en relais et son scooter sous-marin. Il topographie ma pointe et déroule 65m de plus, ça remonte vers -29. Ses paliers de décompressions se feront à l’oxygène pur à l’aide d’un narguilé.

18/05/08
Aujourd’hui, un peu découragé par mes ennuis de matériel, je refuse de faire une pointe. Ce sera une plongée photo et aller voire de plus près les plafonds 30 mètres après le laminoir. Jacquouille, qui ne souhaite pas s’engager aussi loin en pointe, nous est d’une aide très précieuse, je le voix passer 8m en dessous de moi pour déposer le scooter de Michel. Effectivement, je viens de remonter dans un puits sans issue, inconnu jusqu’alors.
Michel débarque, enfourche sa « bécane » et file vers la pointe, je fais un bout de chemin avec lui pour le prendre en photo.
Les paliers s’accumulent déjà pas mal, il est temps de remonter. Je termine ma décompression à -3 lorsque Jacques me rejoint, il en a encore pour un bout de temps le pauvre. On ne le sait pas encore, mais Michel a un problème, la commande de gaz de l’Apollo bloquée à fond, plus possible de progresser en sécurité. Qu’à cela ne tienne, il le cale dans un plafond et continue vers la pointe à la palme. Résultat : 50 mètre de plus, arrèt à -27 et un scooter en rade abandonné dans le siphon.


19/05/08
Plongée de récupération du scooter, je m’y colle avec le support de Jacques puisque Michel devait rentrer dimanche soir.
L’engin attend 90 mètres après le laminoir, au milieu de la galerie, le moteur gémit encore. Au retour, je découvre au fond du P25 de l’entrée une grenade à fragmentation dans un état bien avancé… Pas touche…Brrr... J’évite de trop manipuler ces objets, pousse encore un peu la fouille, sans résultat et remonte.

Conclusion :
un super we malgré la météo dégradée par les orages printaniers, 140 mètres de plus au Trou de Jalleu qui a encore beaucoup de mystère à nous dévoiler, beaucoup de choses apprise et toujours autant à apprendre.

Quelques images :

Plongeurs : Pauwels M. et Hecq N.
Plongeur support : Petit J.
Support : Minne F.

mercredi 23 avril 2008

Goffontaine