mercredi 26 septembre 2007

Trou de Jalleu : Septembre 2007

Rapport d’exploration :

Les deux premiers jours, nous nous parquerons au même endroit que la dernière fois. A la fin de la deuxième journée, nous réussissons après quelques recherches à trouver le propriétaire, Mr Maurice Voisin de Margilley. Celui-ci d’abord très réticents quant à la présence de plongeurs et de véhicules sur ses terres fini par nous y autoriser l’accès en véhicule jusqu’à la vasque dans le cadre de notre exploration pour laquelle il marque finalement beaucoup d’intérêt. Il ira même jusqu’à nous offrir des pommes de sa récolte, des noix et nous propose de le prévenir à l’avance la prochaine fois afin qu’il puisse nous faucher un chemin d’accès dans sa prairie.

16/09/07
Première plongée du we, nous équipons le puits d’entrée, le laminoir et le début de la galerie avec une corde de 70m de long pour faciliter les accès et permettre d’accrocher les bouteilles relais et déco. Après cette opération, je déroule 80m de fil et pousse donc la pointe dans cette galerie à 90m de la sortie du laminoir, mon profondimètre m’indique 24m. Comme dit précédemment, c’est une galerie de taille confortable au sol d’argile (pas une galerie de métro quand même). Les parois sont très foncées, ce qui absorbe très fort la lumière de mes lampes. Quelques lames d’érosion de ci de là, quelques passages un peu plus bas de plafond (faut juste un peu baisser la tête). Et ça continue. Comme prévu, la consommation est élevée, la galerie remonte relativement peu et une longue décompression m’attend à 3m.
Michel continuera la pointe jusqu'à 140m et se tapera aussi une belle déco.Nous décidons après les plongées de cette journée de topographier l’exploration au fur et à mesure et puis comme dirait un certain Roger : « Pas de topo, pas d’explo »Nous passons la soirée au resto pour fêter ça.


17/09/07
Objectif de la journée : d’abord topographie puis reprise de l’explo.Michel est beaucoup plus aguerri que moi en topo et plonge donc le premier. Effectivement, cette plongée aura suffit pour que son carnet « avale » ces 140 mètres.

Je me mets donc à l’eau pour la pointe. Je ne suis pas très zen aujourd’hui, pas relax avec le relais 12 litres que je traînes en plus de mes 6 litres aux cotés, j’aurais mieux fait de ne pas la trimballer aussi loin, ça touille un peu, la soirée de la veille y est sûrement aussi pour quelque chose.L’appel de l’explo, de l’inconnu, de la découverte est néanmoins plus fort. Je visite les 60m que Michel a ajouté hier, la galerie est assez rectiligne mais pas vraiment, elle continue à remonter mais très légèrement jusqu’à -23 (140m). Puis redescend, je continue et tire mon fil jusqu’à 165m ou je m’arrête sur ce qui semble être un puits dont le dessus, à -28, est bordé de lames d’érosion et dont je ne vois pas le fond. Demi-tour sur presque tiers et sur « peur du vide », pas relax aujourd’hui. Au retour, je visite la partie gauche du 2éme puits (par rapport au laminoir), remontée jusqu’à -22, ça pince et le dessus ce sont des marmites.

18/09/07
Je suis beaucoup plus relax aujourd’hui, j’enfile à grande vitesse le puits, le laminoir (qui fini par devenir sympathique malgré son intimité) et le reste de la galerie. Topographie tranquille jusqu’à l’aplomb de ce puits sombre (165m). Je me laisse couler dans ce trou noir qui fait près de 8m de profondeur (fil en plafond à -34), le fond est couvert de sable grossier à cet endroit. Je continue et m’arrêtes à 180m au pied d’une cheminée qui semble impénétrable, mais ou est la suite ? Je décroche de la glaise du plafond avec mes bulles, un nuage brun descend sur moi. Demi-tour et topo des 15 derniers mètres sur le retour. Je ne traine pas trop, histoire de limiter un peu les paliers en tournant en rond dans la petite vasque. Je ramasse quelques cailloux pour la fille de Mr Voisin.

Michel plonge ensuite et pousse la pointe jusqu’à 210m. En fait, ça continue par un passage étroit entouré de blocs. Il n’y a quasi plus de glaise sur le fond, cette zone doit être assez dynamique. Ca continue bel et bien. Il ramasse aussi quelques galets dans le laminoir pour la demoiselle. Il s’est offert 1H25’ au petit jeu du poisson rouge dans son bocal en faisant ses paliers.


Conclusions :
Nous sommes encore loin de la fin de cette explo, mais les réserves de gaz que nous avions prévues s’avèrent déjà un peu justes. L’utilisation de la corde et d’une bouteille de réserve accrochée à celle-ci à 3m est une excellente idée. Cependant, la durée des décos est franchement élevée, l’utilisation de Nitrox en mélange fond et d’une déco à l’O² pur devrait être envisagée. Les rapports que nous avons établis avec le propriétaire seront un plus pour la prochaine fois. Le développement de la cavité passe maintenant de 70 mètres à 280 mètres.

Plongeurs : Pauwels M. et Hecq N.