samedi 10 novembre 2007

Article : Trou de Jalleu, Première Exploration.

Article paru dans le magazine d'information de l'Union Belge de Spéléologie, le Regard n°67 de Novembre 2007:

Trou de Jalleu, Première Exploration.



Juillet 2007 :

Lors d’une semaine de vacances en compagnie de Françoise Minne, Jaques Petit et Michel Pauwels entre la Bourgogne et la Meuse, Michel m’invite à plonger une exsurgence en Haute Saône, le Trou de Jalleu.

Après une plongée de Michel pour la désobstruction d’un laminoir étroit qui commence au fond d’un puits noyé de 25 m et se termine à -32, je pars pour visiter la deuxième partie. D’après Jean-Marc Lebel, dernier explorateur en date, à cet endroit la galerie remonte à -19 dans une diaclase dont la suite semble impénétrable.

Après le passage du laminoir qui doit vraiment être négocié, le fort courant et les trois étroitures ajoutant un peu de piquant à sa traversée, je termine la désob et remonte le deuxième puits avec mon propre fil. Mêmes constatations que Jean-Marc Lebel : à -19, belles lames d’érosions oxydées, le puits est fermé dans sa partie supérieures (marmites d’érosion) et diaclase pinçante mais où aucun courant ne se fait sentir.

Je redescends de ce côté, surprise, le pincement devient très vite une paroi puis un plafond de moins en incliné. Voyant qu’il va être temps de rebrousser chemin, je me laisse couler tout droit afin de rejoindre l’entrée du laminoir à -32. J’arrive sur ce talus d’argile que Lebel à décrit. Il présente à cet endroit une forme de « gouttière » qui monte en pente douce et je ressens nettement un courant de face. Je remonte cette « gouttière » sur une dizaine de mètres et arrive au sommet d’une dune. J’ai toujours le courant de face et m’arrête sur ce qui semble être un début de galerie dont je ne vois que le noir lointain… Je viens de faire, sans le savoir et sans le chercher, ma « première première ».

Michel est enchanté en entendant mon récit, l’appel de l’explo est là, dès le lendemain nous y retournons. Prise de repères, vérification de l’existence de cette galerie et 65 m de fil déroulé à 30 m sous l’eau.

Septembre 2007 :

Nous y revoilà avec Michel, armés d’une batterie de bouteilles, bien décidés et très motivés. Nous effectuerons 3 plongées chacun, déroulant 220 m de fil, et topographiant 180 m à une profondeur moyenne de 30 m. Les plongées deviennent longues, surtout à cause des longs paliers de décompression que la profondeur impose. Ca descend toujours, et ça continue ! Exploration en cours.

Merci à mes trois compagnons de cette fameuse semaine de juillet ou j’ai découvert la joie de la première et la fébrilité de l’exploration.

mercredi 26 septembre 2007

Trou de Jalleu : Septembre 2007

Rapport d’exploration :

Les deux premiers jours, nous nous parquerons au même endroit que la dernière fois. A la fin de la deuxième journée, nous réussissons après quelques recherches à trouver le propriétaire, Mr Maurice Voisin de Margilley. Celui-ci d’abord très réticents quant à la présence de plongeurs et de véhicules sur ses terres fini par nous y autoriser l’accès en véhicule jusqu’à la vasque dans le cadre de notre exploration pour laquelle il marque finalement beaucoup d’intérêt. Il ira même jusqu’à nous offrir des pommes de sa récolte, des noix et nous propose de le prévenir à l’avance la prochaine fois afin qu’il puisse nous faucher un chemin d’accès dans sa prairie.

16/09/07
Première plongée du we, nous équipons le puits d’entrée, le laminoir et le début de la galerie avec une corde de 70m de long pour faciliter les accès et permettre d’accrocher les bouteilles relais et déco. Après cette opération, je déroule 80m de fil et pousse donc la pointe dans cette galerie à 90m de la sortie du laminoir, mon profondimètre m’indique 24m. Comme dit précédemment, c’est une galerie de taille confortable au sol d’argile (pas une galerie de métro quand même). Les parois sont très foncées, ce qui absorbe très fort la lumière de mes lampes. Quelques lames d’érosion de ci de là, quelques passages un peu plus bas de plafond (faut juste un peu baisser la tête). Et ça continue. Comme prévu, la consommation est élevée, la galerie remonte relativement peu et une longue décompression m’attend à 3m.
Michel continuera la pointe jusqu'à 140m et se tapera aussi une belle déco.Nous décidons après les plongées de cette journée de topographier l’exploration au fur et à mesure et puis comme dirait un certain Roger : « Pas de topo, pas d’explo »Nous passons la soirée au resto pour fêter ça.


17/09/07
Objectif de la journée : d’abord topographie puis reprise de l’explo.Michel est beaucoup plus aguerri que moi en topo et plonge donc le premier. Effectivement, cette plongée aura suffit pour que son carnet « avale » ces 140 mètres.

Je me mets donc à l’eau pour la pointe. Je ne suis pas très zen aujourd’hui, pas relax avec le relais 12 litres que je traînes en plus de mes 6 litres aux cotés, j’aurais mieux fait de ne pas la trimballer aussi loin, ça touille un peu, la soirée de la veille y est sûrement aussi pour quelque chose.L’appel de l’explo, de l’inconnu, de la découverte est néanmoins plus fort. Je visite les 60m que Michel a ajouté hier, la galerie est assez rectiligne mais pas vraiment, elle continue à remonter mais très légèrement jusqu’à -23 (140m). Puis redescend, je continue et tire mon fil jusqu’à 165m ou je m’arrête sur ce qui semble être un puits dont le dessus, à -28, est bordé de lames d’érosion et dont je ne vois pas le fond. Demi-tour sur presque tiers et sur « peur du vide », pas relax aujourd’hui. Au retour, je visite la partie gauche du 2éme puits (par rapport au laminoir), remontée jusqu’à -22, ça pince et le dessus ce sont des marmites.

18/09/07
Je suis beaucoup plus relax aujourd’hui, j’enfile à grande vitesse le puits, le laminoir (qui fini par devenir sympathique malgré son intimité) et le reste de la galerie. Topographie tranquille jusqu’à l’aplomb de ce puits sombre (165m). Je me laisse couler dans ce trou noir qui fait près de 8m de profondeur (fil en plafond à -34), le fond est couvert de sable grossier à cet endroit. Je continue et m’arrêtes à 180m au pied d’une cheminée qui semble impénétrable, mais ou est la suite ? Je décroche de la glaise du plafond avec mes bulles, un nuage brun descend sur moi. Demi-tour et topo des 15 derniers mètres sur le retour. Je ne traine pas trop, histoire de limiter un peu les paliers en tournant en rond dans la petite vasque. Je ramasse quelques cailloux pour la fille de Mr Voisin.

Michel plonge ensuite et pousse la pointe jusqu’à 210m. En fait, ça continue par un passage étroit entouré de blocs. Il n’y a quasi plus de glaise sur le fond, cette zone doit être assez dynamique. Ca continue bel et bien. Il ramasse aussi quelques galets dans le laminoir pour la demoiselle. Il s’est offert 1H25’ au petit jeu du poisson rouge dans son bocal en faisant ses paliers.


Conclusions :
Nous sommes encore loin de la fin de cette explo, mais les réserves de gaz que nous avions prévues s’avèrent déjà un peu justes. L’utilisation de la corde et d’une bouteille de réserve accrochée à celle-ci à 3m est une excellente idée. Cependant, la durée des décos est franchement élevée, l’utilisation de Nitrox en mélange fond et d’une déco à l’O² pur devrait être envisagée. Les rapports que nous avons établis avec le propriétaire seront un plus pour la prochaine fois. Le développement de la cavité passe maintenant de 70 mètres à 280 mètres.

Plongeurs : Pauwels M. et Hecq N.

lundi 30 juillet 2007

Trou de Jalleu : Juillet 2007

Rapport d’exploration

Bien que l’accès à cette émergence semble difficile en voiture, nous parvenons à nous parquer dans une prairie le long du Salon. Le portage s’en retrouve réduit à une clôture et 400m de marche. En arrivant au pied de la source, j’enregistre le point dans le GPS.

coordonnées WGS84 : N 47° 36.732' E 5° 32.094'

22/07/07
Michel désobstrue le laminoir jusqu’en bas mais ne le franchit pas. Jaques Petit et moi suivons, nous attendons tout deux dans le laminoir très étroit et ou le courant est particulièrement fort, les cailloux volent littéralement. La visibilité est plus qu’acceptable.

Fin de plongée sur tiers, laminoir non franchi. Pas d’équipement en état en place dans le premier puits et le laminoir. Il s’agit surtout d’une découverte de l’endroit pour nous trois.

23/07/07
Aujourd’hui je suis le premier à me mettre à l’eau, seul cette fois. Ce laminoir doit vraiment être négocié, ses trois étroitures ajoutant un peu de piquant à sa traversée, je termine la désob (3 gros galets pas plus) et remonte le 2iéme puits avec mon propre fil malgré la présence d’un fil à partir de la fin du laminoir jusqu’en haut. Mêmes constatations que Jean-Marc Lebel : à -19, belles lames d’érosion oxydées, le puits est fermé dans sa partie supérieure (marmites d’érosion) et diaclase pinçante mais où aucun courant ne se fait sentir.
(http://www.plongeesout.com/sites/est/haute%20saone/jalleu.htm)

Je redescends de ce coté, surprise, le pincement devient très vite une paroi puis un plafond de moins en moins incliné. Voyant qu’il va être temps de rebrousser chemin, je me laisse couler tout droit afin de rejoindre l’entrée du laminoir à -32. J’arrive sur ce talus d’argile que Lebel à décrit. Il présente, à cet endroit, une forme de « gouttière » qui monte en pente douce et je ressent nettement un courant de face. Je remonte cette « gouttière » sur une dizaine de mètres et arrive au sommet d’une dune. J’ai toujours le courant de face et m’arrêtes sur ce qui semble être un début de galerie dont je ne vois que le noir lointain… Je viens de faire, sans le savoir et sans le chercher ma « première première ».

Michel est enchanté en entendant mon récit, l’appel de l’explo est là. Malheureusement, il avortera sa plongée juste après le passage du laminoir sur problème matos.



24/07/07
J’ai de nouveau l’honneur de partir premier. Tout excité, comme une balle jusqu’à la sortie du laminoir. Je laisse là le dévidoir de jonction et repart avec un fil d’explo. Cette galerie semble s’orienter légèrement vers la droite au bout d’une trentaine de mètre et s’élargi quelque peu. La glaise est omniprésente sur le fond, les parois sont toujours du même type qu’à la sortie du laminoir, de temps en temps une lame d’érosion.Je suis fébrile, et je consomme beaucoup. 55 mètres de fil et je fais demi-tour sur mes tiers.
Michel fera 65m dans cette galerie mais ses détendeurs semblent avoir besoin d’un petit réglage…

Conclusions :
Cet endroit est très prometteur, nous reviendrons en étant un peu plus organisés pour cette reprise d’exploration. Certaines réserves de gaz seront nécessaires au vu du temps de traversée du laminoir et de la profondeur à laquelle l’explo recommence.

Aucun équipement n’a été laissé en place.

Plongeurs : Petit J. , Pauwels M. et Hecq N.
Support : Minne F.