lundi 20 juin 2016

Jalleu : Bilan des explorations




Lire l'article de M. Pauwels paru dans le Regards n°81 de 2016.



mardi 24 novembre 2015

Jalleu, c'est fini...

Ca fait déjà 8 ans que Michel et moi avons repris l'explo entamée d'abord par Robert Lavoignat en 1976 puis par Jean-Marc Lebel en 1993. Celà fait aussi 3 ans que j'ai "raccroché les palmes" et que Michel est obligé de continuer seul. D'autres s'y sont essayé aussi mais en se cassant les dents sur un affreux laminoir que nous avons réussi à apprivoiser :) Un beau nombre de copains nous ont aider d'une manière ou d'une autre, je veux les remercier tous et je vais essayer de n'oublier personne : Françoise Minne, Jacques Petit, Henri Feldmann, Muriel Mathy, Frank Bartos, Slobotka Miteva, Didier Havelange, Raph Vansteyen, Jean-Luc Carron, Michel Geubelle, Vincent Bouckaert, Roger Cossemyns,... Si je vous oublie, dite le moi ;) Pour conclure cette explo et ce blog, je voudrais vous expliquer pourquoi mes palmes sont au crochet... Pour moi, le S6 c'était déjà trop loin, j'y suis allé juste une fois, mais j'avais peur... Je suis allé trop loin aussi ailleurs, en Belgique surtout, j'ai dépassé mes limites.... j'ai pris des risques, j'ai mis de coté les principes élémentaires de sécurité en plongée, j'ai joué avec la mort, je devenais dangereux pour moi même, pour les autres........ Michel était avec moi là au bout de Jalleu, c'était mon seul soutien et inversement, merci Michel pour ces magnifiques moments :) J'aimerais replonger avec ma copine en eaux chaudes, mais je n'ai plus confiance en moi pour l'aider...... j'ai oublié ce que c'était de plonger en "palanquée".... Et les gens qui m'ont appris les bases de la plongée ne me font plus confiance non plus....... Je me demande si je ne devrais pas acheter une moto tout-terrain plutôt que de songer à replonger.... Non, j'ai ma Slobotka pour découvrir le monde avec moi tant qu'il existe :) La topo finale de Jalleu sera publiée ici et sur Plongéesout dés que j'ai l'accord de Michel.

samedi 8 septembre 2012

Jalleu, Aout 2012, une autre porte fermée...

Deux comptes rendus cette fois, d'abord celui de Michel et ensuite celui de Vincent :

En compagnie de Minivince, qui commence à prendre goût au laminoir "Jalleusien", nous cherchons à déterminer laquelle des trois branches terminales nous livrera la clé de la suite.  Depuis Pâques nous savons déjà que le lac terminal au bout de l'ex-S6 (à 1057 m de l'entrée) est sans issue pénétrable.

Conséquemment l'ex-S6 est rebaptisé S6 bis, et nous utiliserons dorénavant la dénomination de S6 pour les laminoirs de l'amont, en espérant qu'ils nous mèneront bientôt aux S7, 8, 9, etc.  Le long WE du 15 août nous a permis de commencer à vérifier cela. 

En quelques plongées nous rééquipons le puits et le laminoir et nous acheminons les deux relais 20 l aux points stratégiques.  Nous en profitons également pour modifier le parcours du fil dans la première salle après le laminoir.  Dorénavant il est possible de survoler "la dune" sans trop touiller et le parcours plus rectiligne minimise les risques d'accident de scooter.

La pointe proprement dite se déroule sans anicroches, parvenu à la bifurcation dans le S6 entre branche E et branche O (1169 m de l'entrée) il me faut faire un choix.  Malgré son aspect plus rébarbatif je choisis la branche E, histoire de rester conséquent avec le plan initial qui prévoyait de tester les trois branches une à une en commençant par la droite.  Au bout des 50 m déjà parcourus par Nico, le laminoir se prolonge sensiblement pareil, ça remonte légèrement, rien de trop étroit mais c'est intime quand même...  45 m plus loin cela s'élargit en une sorte de petite salle dont les seules issues sont des interstices entre blocs dans le plafond.  Profondeur à peine -4, mais ça ne passe plus !  Arrêt à 1164 m de l'entrée et retour sans soucis.

Tous les espoirs se reportent maintenant sur la branche Ouest du S6, dernière chance de prolongation de la cavité, à revoir dans un proche avenir...

Michel


Notre retour à Jalleu de ce été, nous voit fermer une deuxième possibilité de suite. La pointe de Michel effectuée dans la branche du milieu (cfr. la dernière topo
publiée) se révèle infructueuse... 45m de première, et arrêt sur trémie.

Le samedi 12 je rejoins Michel, arrivé la veille après un petit séjour spéléo-plongistique dans les Pyrénées, je consacre une première plongée à la dépose de son Apollo derrière le laminoir qu'il a déjà équipé. Je poursuis un peu plus loin,  petite ballade jusqu'au premier point bas (-36m) et demi-tour.

Vu l'heure tardive à laquelle je sors, on ne traîne pas et on rentre rapidement au camping pour installer ma tente et profiter du bon petit coup de rouge offert par Michel.

Le lendemain, il prévoit de déposer deux relais de 20 litres: un derrière le laminoir et un à la fin du S1...
Distrait, il ne partira qu'avec une des deux bouteilles et fera surface sans Apollo: sur le retour, au moment de récupérer le scooter, il remarque que le fil est lâche et que son destrier a disparu. Il en est quitte pour un retour à la palme, et une plongée "search and rescue" pour finir la journée.

Pour ma part, j'effectue la dépose du relais restant, et le débobinage complet et non intentionnel d'un devidoir, du bas du laminoir jusqu'au palier à -3m... On enchaîne les âneries aujourd'hui! 

Lundi, jour de pointe!
Avant la plongée de Michel, je m'immerge pour tenter de sortir le S1. Je pars donc avec un bi-12 d'air et deux relais S80 de Nx30 (le tout en sidemount, of course!),
J'installe la 7L oxy (merci Dany!) pour la déco.

Je dépose une première S80 vers 150m, la deuxième vers 300m et... j'arrive juste trop court: arrêt à -6m, juste avant de sortir la tête, pour cause de paliers et de tiers atteints. Je fais donc demi-tour et ressors après 1h46 de plongée.
.
Une petite erreur de paramétrage sur mon Vytec m'empêchant de le mettre sur oxy à -6m, il fera ses paliers tout seul attaché sur la ligne.

Place ensuite à Michel et la pointe... Il s'immerge pour 3h de plongée, avec son bi-12 gonflé à 300bars, une 18L et les deux relais 20L déjà en place.

Je repars ensuite pour récupèrer la corde et les moustifs (pas oubliés cette fois-ci!). La pose d'un nouveau fil entre le bas du

laminoir et le début de la "Galerie de la Première Première" est également au programme, histoire de contourner plus ou moins la dune d'argile.

Je consacre le palier à -3 à hisser la corde .
Après avoir remballé l'ensemble du matériel, Michel ouvre enfin son Jurançon, bien frais après deux jours passés dans la vasque.
La soirée nous voit errer dans Champlitte, à la recherche d'une table à laquelle nous pourrions dignement arroser la fin de ce court séjour, mais...les deux auberges "correctes" du coin étant fermées, nous rentrons un peu dépités au camping pour cuisiner une boite de ravioli...

Vincent

Trou du Babouin

Compte rendu de Mengo :

Nous revoici donc, Henri, Nico et moi, une nouvelle fois à la Source du Babouin, bien décidés à percer les mystères de l’endroit.
Objectif du jour : trouver la galerie du premier niveau d’exploitation qui mène à la descenderie principale de cette ancienne ardoisière.
On s’équipe dans le club-house local, et Nico part en premier  avec pour objectif de reconnaitre le puits de descente expérimenté par Henri 6 jours plus tôt. Les 3 premiers mètres font apparaitre une plateforme et ensuite un puits rectangulaire dans le pendage, avec des moellons empilés en escalier au-dessus de la tête.
La galerie empruntée par Henri à 17m s’avère relativement craignos, Nico ne s’y engage pas et continue à descendre jusqu’à -33m. L’eau, très chargée de ces particules floconneuses orange dans les 12 premiers mètres s’éclaircit sous ce niveau pour donner environ 7-8m de visibilité.
En surface, les bulles de Nico ravinent les parois de roche et donnent à l’eau un aspect de blizzard orange qui se repend dans toute la zone de mise à l’eau.
Le gros tuyau d’exhaure que Nico suivait s’arrête vers 30m sur un raccord ouvert, pas sur une crépine, laissant penser à qqch de plus profond.

Henri se met à l’eau pour récupérer son dévidoir abandonné lundi, je me mets à l’eau ensuite.
Mon objectif était de suivre un tuyau plus ancien qui devrait être une alimentation en air comprimé. Des tuyaux de même format sont présents dans la descenderie également.
Je me mets à la soupe une visi de 30cm et j’arrive à 7m sur une espèce de trottoir bordé d’un côté par un muret et de l’autre la roche. Je prends un cap plein est et j’arrive sur un porche qui laisse présager d’une galerie de circulation du premier niveau d’exploitation.
Sur le sol, une couche ouateuse de 40cm de particules oranges qui se désagrège et annule la visi dès que la remue.
La galerie doit faire environ 1m50 de haut sur 2m de large, je déroule environ 35m de fil avant d’arriver sur un petit éboulement. Etant dans l’impossibilité de juger de l’état de la roche donc de la stabilité de la voute à cause de la visi, je fais demi-tour.
Il m’est impossible de dire si j’ai traversé ou non d’autres salles : la roche à gauche était continue, et je ne voyais pas la paroi de droite.
Demi-tour et retour vers la grande salle en rebobinant mon fil.

La galerie se prolonge sur la droite par un porche triangulaire. J’avance et y déroule environ 20m de fil. Je suis le premier à y aller, la visi y est meilleure, 2m environ. Sur la gauche, je vois une arrête de mur, avec la paroi qui s’ouvre. Il s’agit d’une salle. Je descends dedans. La visi s’ouvre d’un seul coup vers 12m pour donner au minimum 5m. Je vois le fond de la salle, qui est la salle d’exploitation terminale de ce premier niveau. En remontant, je peux voir la limite « eau claire » et « eau laiteuse ». Nico nous dira ensuite que la température des deux masses est également différente. Pollution du ruisseau dans la couche supérieure.
En conclusion, il nous faudrait trouver un accès vers le second niveau à partir de la galerie partiellement explorée, ou via le puits d’exhaure. Ou via la descenderie principale qui se trouve à l’extrémité, mais est effondrée au niveau de l’eau.
Cette explo laisse un goût de trop peu, avec beaucoup de déception par rapport aux espoirs que l’on y fondait. Beaucoup de points d’interrogation également. Elle aura au moins permis d’enlever tout effet de surprise des prochaines explos de l’endroit : la visi y est apocalyptique, et il faut trouver au plus vite un accès vers le bas. Il faudrait aussi explorer cette galerie à 7m en première plongée avec une visi pas encore détériorée, estimer l'état de la voute, voir s’il est possible de continuer ?
Bref, on s’était dit que l’explo y était foutue, mais qu’il fallait que l’on dorme dessus. Et déjà, on se surprend à parler de la suite, les cerveaux chauffés à blancs, essayant de trouver des réponses à ces interrogations. Et cela en vaut la peine : la visi est bonne passé 12m, et l’exploitation doit avoisiner une profondeur de 60m environ…

Mengo

samedi 16 juin 2012

VENI ,VIDI mais pas encore tout à fait VICI...

Une fois n'est pas coutume, voici un récit d'explo dans le milieu artificiel Belge.
Notre pays a été criblé au cour des siècles de maintes exploitations souterraine de divers matériaux... Des lieux interdits, inconnus, mystérieux, fermés ,perdus et qui doivent le rester à tout prix. Quand ce ne sont pas des réserve en eaux, ce sont des habitats particuliers pour les chiroptères, animaux très utiles mais en voies d'extinction à cause de notre propre bétise humaine.


Cependant, le joli récit ci dessous vient d'un plongeur qui "cherche", qui découvre le milieu, qui découvre la spéléo en allant de l'avant, en explorant, c'est tout à son honneur!


Je laisse la parole à Henri :

J'ai plongé à "Labrouche" hier soir et .... quel bonheur enfin SEUL !!!
C'est un endroit vraiment super sympa ou je retournerai surement bien vite .
Après la traversée de l'Ourthe et une centaine de mètres dans une galerie avec cinquante cm d'eau enfin le trou . 
J'y ai atteint 17m de profondeur et passé quelques 20min sous l'eau . 
J'ai fondu à toute allure vers le fond pour ne pas me faire dépasser par la bouillasse . 
Ensuite, j'ai exploré les petites galeries annexes vers -15 puis une autre plus importante qui remonte de -10 à -4 
Mais après, retour en vrai visi 0, non pas tout à fait je voyais jusque le carreau de mon masque ;-)))
Cette petite galerie est comme un entonnoir qui de plus a son plafond très friable . A l'allé j'aurais cru qu'il me neigeait dessus à gros flocons !!! J'ai dû y faire une bonne vingtaine de mètres avant de rebrousser chemin .
Ah oui j'allais oublier aussi, une pauvre petite perche perdue au milieux de nulle part qui a eu l'air aussi étonnée que moi de se rencontrer là . Sans avoir droit au moindre rayons de soleil elle est devenue très "blanche".

Retour vers la lumière après avoir quand même poussé mes investigations un peu plus loin dans la galerie avec 50cm d'eau,mais rien de vraiment très exploitable.

Je pense que le plus dur est encore de traverser l'Ourthe sans se casser le gueule avec tout le matos sur le dos et de ne pas s'y casser la jambe !

A très bientôt à tous pour de nouvelles aventures !

Henri

mercredi 23 mai 2012

mardi 15 mai 2012

Trou de Jalleu, on ferme une porte...

Ce long week-end du 1er mai 2012 nous voit revenir à Jalleu pour y faire une pointe supplémentaire.
Nico, en humide pour cause de tirette d'étanche cassée, et moi (qui découvre le trou) somment là pour assister Michel pour la pointe.

Nous nous retrouvons sur place samedi après-midi pour une première plongée de préparation, les porteurs s'occupent d'équiper le trou et de dégager le laminoir, et Michel part se balader jusqu'au point bas du S1, histoire de se mettre dans le bain.

Le dimanche matin, la météo n'est absolument pas au rendez-vous... Réveil sous la pluie, avec un vent soutenu. Nous quittons le camping pour aller boire le classique grand crème au troquet local, nous sommes un peu dépités par la météo, la crainte de devoir annuler la pointe nous gagne...
Au moment de payer l'addition, changement de décor: la météo s'est totalement inversée ; le soleil est de retour et le vent tombé.
On y va, et on ne traine pas!

Je part le premier, lourdement chargé pas les blocs de déco, ainsi qu'un scooter et une bouteille de sécu à déposer derrière le laminoir... "put*** de courant!" Ca pousse fort et mes blocs se vident à vue d'oeil!

J'en profite quand même pour faire une petite balade et découvrir les 50 premiers mètres de la "galerie de la première première".

Nico me suit dans la foulée avec une 20 litres à déposer à 230m et un deuxième Apollo pour aller plus vite... ce qui constitue également une quantité sympathique de matériel à déplacer dans ce non moins sympathique laminoir...

(Vincent, concentré, avant un portage "compliqué")

Entre-temps, Michel s'équipe pour la pointe du séjour. Il s'immerge peu après le retour de Nico pour 3h30 de plongée et 2km de distance à parcourir sous l'eau.

Voici son récit :
Depuis le mois de novembre dernier (voir compte rendu précédent), le trou de Jalleu n'a plus un fond, mais trois !  La rivière se divise en effet en trois branches : deux arrêts sur manque de fil dans des passages étroits mais propres (S6bis, branche S et N), et un arrêt sur vasque touilleuse sans suite apparente après un bout d'exondé glaiseux et un S6 assez court.

Comme dans une enquête policière nous nous sommes donc attelés à "fermer des portes" en commençant par le S6, le plus proche (mais à +/- 1 km  de l'entrée tout de même).  Après mûre réflexion nous avons décidé que cette branche devait être la branche principale, la plus susceptible de nous faire trouver la suite de la cavité.

Cette fois-ci le niveau d'eau plus élevé me permettra d'éviter la reptation dans la gadoue et d'atteindre la gueule du siphon sans trop de peine.  Pour rejoindre la vasque terminale il faudra encore franchir un mini-siphon de 2-3 m qui n'était pas là pour Nico en novembre, vu la différence de niveau.  En dépit d'une inspection soigneuse du pourtour, aucune arrivée d'eau ne pourra être repérée.  Toutefois, dans le fond de la vasque à droite, une zone paraît moins touilleuse : vérification faite, l'eau arrive à -4 par une fissure de 30 cm de large sur 3 m de long, encombrée de caillasses.  Aucun espoir de ce côté-là...

La prochaine fois il faudra prévoir un peu plus d'autonomie pour aller revoir les deux branches du S6bis, peut-être pas si bis que ça...

Merci à Nico (en humide) et Vincent pour leur précieuse assistance, à charge de revanche bien entendu.
Michel Pauwels

(La mise à jour de la topo suit incessamment sous peu...Nico) 

Le "dé-portage" se fait dans la foulée.
Michel ressort donc tout le matos et ne laisse qu'une b20 et la corde. Je m'y colle.
Ayant oubliés les moustifs en déséquipant, j'en serais quitte pour une plongée de plus le lendemain.
Ce sera avant tout une "plongée plaisir", et j'en profite pour m'exercer à l'arrimage de fil "à la DIR" dans le laminoir, très certainement une première sur ce site :-)))

Le lundi, Robert Lavoignat nous rejoint pour une petite ballade de prospection et un "pic-nic" sur le pouce entre 2 sources ;-)
Nous irons voir quelques sites intéressants ou non et tenter un début de désobstruction dans la vallée du Vannon ou nous avons déjà entammer quelques traveaux et ou Didier H a effectué une plongée en novembre dernier avec un bon espoir de suite...

(Robert et Michel sondent une belle vasque profonde et inconnue)

Arrêt sur "heure de l'apéro", et réhydratation des participants au café de Champlitte...
Apéro qui se terminera sous un orage violent au camping, qui finalement nous mènera au dernier resto ouvert du coin, personne n'ayant envie d'allumer le réchaud pour réchaufer les raviolis au fond de la tente!
Minivince